Lire ou ne pas lire. Telle est la question. Un roman ? Une nouvelle ? Quelle histoire sera votre prochaine aventure ? Suivez nos auteurs sur le chemin de l’imaginaire... Qui sont-ils ? Quels sont leurs environnements de travail ? Où puisent-ils leur inspiration ? Comment inventent-ils leurs personnages ? Poursuivez votre lecture...

mercredi 24 avril 2013

Claude Jutras - Auteure


Votre site web : lavengeancedestenebryss.com
Votre éditeur : ADA
Compte facebook : la vengeance des ténébryss
Où vos romans sont-ils vendus? : dans la plupart des librairies celles tangibles et celles virtuelles


Qui êtes-vous, en quelques lignes?
En premier lieu, une mère de deux belles petites filles, ensuite, une policière depuis 13 ans, puis une grande rêveuse à l’imaginaire sans bornes.

D’où vous est venue l’envie d’écrire?
J’aime lire depuis mes plus jeunes années d’école. Je passais des heures à la bibliothèque à chercher le livre pour finalement en choisir un, le terminer en quelques jours et y retourner. Mais il y a un moment où lire n’est plus suffisant, il faut plus et là naît le besoin d’écrire. Car, pour moi, c’est plus un besoin qu’une envie. Les histoires doivent sortir afin de vivre, pas seulement dans mon imaginaire, mais dans celui des autres.

Quel a été votre parcours?
J’ai commencé à écrire de petites histoires à 12 ans. Parmi elles, une s’est démarquée pour devenir un livre que j’ai terminé à 18 ans. J’écrivais pour le plaisir et ne le faisais lire qu’à mes proches. Ce projet conclu, je me suis aussitôt lancée dans une autre histoire. Tout cela bien sûr sans arrêter de lire. Cette fois, l’histoire était plus étoffée et, rendue au deuxième tome, je l’ai envoyée à quelques éditeurs. Elle a été refusée, mais certains commentaires m’ont beaucoup aidée. J’ai retravaillé mes premiers tomes tout en continuant à écrire (le besoin, le besoin). Entre-temps, j’avais terminé mes études et étais entrée sur le marché du travail dans un domaine qui n’est pas du tout relié à l’écriture. Rendue au cinquième tome de la même histoire, je me suis réessayée avec l’édition pour être de nouveau refusée, sans qu’aucune maison me dise pourquoi. J’étais très déçue et même découragée, mais pas au point de renoncer. J’avais un bon cercle de lecteurs qui m’encourageait et, surtout, voulait la suite. J’ai donc décidé d’y aller par mes propres moyens. Je me suis trouvé ma propre réviseure, et, avec une amie, j’ai dessiné la couverture du tome 1 et produit mon livre. Un vrai livre que j’ai vendu à mes connaissances, à leurs connaissances et même en librairie. Toutefois, je n’avais pas mis un trait sur les maisons d’édition et dès que j’en trouvais une nouvelle, je m’essayais. Au lieu du manuscrit « Word » imprimé, je leur envoyais le tome 1 publié par moi-même. Puis, à peine quelques mois après sa création, ADA m’a répondu par l’affirmative. Je ne peux décrire ma joie, même si j’ai dû rapatrier mes livres que je ne peux plus vendre.

Quels sont vos romans disponibles en librairies?
La vengeance des ténébryss   tome 1 : la descendante et tome 2 : les marais

Où puisez-vous votre imagination?
C’est la question à laquelle j’ai toujours beaucoup de difficulté à répondre. Je dirais qu’avant même d’écrire, je m’inventais d’innombrables histoires. D’où venaient-elles? Difficile à dire, elles étaient tout simplement là et voulaient que je les conte. Depuis, mon imaginaire s’est nourri au fil des années de tous les livres que j’ai lus et il est maintenant une immense banque de données. À ça s’ajoute l’interaction des gens autour de moi, que ce soit quelques secondes dans un endroit public ou des proches qu’on côtoie régulièrement. Des paysages vus en voyage… Enfin, tout ce qui nous entoure et que notre cerveau enregistre. À partir de là, je m’assis, regarde nulle part et mes personnages bougent, parlent… Ensuite, je reviens à mon clavier pour écrire tout cela. Parfois, les dialogues ou les actions changent et mes personnages ne font pas du tout ce que je venais juste d’imaginer. À croire que l’imagination a sa propre vie et qu’on croit seulement avoir une influence sur elle.



Décrivez-nous votre façon d’écrire, votre environnement de travail, votre horaire.
N’importe où et n’importe quand résume bien le tout. J’ai des cahiers, des feuilles et des crayons un peu partout, dans ma sacoche, dans mon sac, dans mes poches de pantalons ou de manteau… Depuis mes jeunes années, je suis juste incapable de ne rien faire. Alors dès que j’ai un moment d’inaction où je dois attendre, j’écris ou je lis. Mon livre avance donc constamment. Ensuite, quand j’ai un moment plus long, qui peut être n’importe quand, je m’installe devant mon ordinateur, n’importe où dans la maison, et je rassemble mes écrits épars afin de les réunir en un chapitre. Si j’ai le temps de lire et corriger sur mon ordinateur, je le fais, sinon j’imprime le tout et l’on revient au départ, c'est-à-dire, des feuilles qui me suivent partout et que je lis et corrige à chaque temps mort. Pour revenir devant mon ordi et taper les modifications et ainsi de suite jusqu’au sixième tome sur lequel je travaille en ce moment.

Quels auteurs vous ont le plus influencé?
David Eddings, j’ai tous ses livres, Margaret Weis et Tracy Hickman, même chose. L. Ron Hubbard pour la science-fiction. Bien sûr, Tolkien. Dans mes années d’adolescentes rebelles où le macabre prédominait, Stephen King et Dean Koontz. Plus jeune encore, Robert Louis Stevenson et Jules Verne.

Quels livres vous ont le plus marqué?
L’île au trésor de Robert Louis Stevenson, le tout premier livre que j’ai reçu. Le talisman et les trois premiers tomes de la série La tour sombre de Stephen King, Terre champ de bataille et Final Blackout de L.Ron Hubbard et La trilogie des joyaux de David Eddings.

Avez-vous encore le temps de lire?
Pas assez. Mais il faut le trouver.

Quel est le livre que vous lisez en ce moment?
J’en ai quelques-uns. Mes proches et moi avons une pratique particulière, nous lisons ensemble. Donc, avec mon copain, je lis La troisième humanité de Bernard Werber, avec mon amie Rosalie, je lis Avéria de Patrice Cazeault, pour mes filles, je lis Les 5 derniers dragons de Danielle Dumais et, moi, je lis Polux d’Aude Vidal-Lessard. Les livres d’ADA d’auteurs québécois font beaucoup partie de mes lectures dernièrement, car j’aime mettre l’histoire derrière le visage de mes confrères et consoeurs. Eux terminés, je vais m’étendre aux écrivains des autres maisons d’édition. J’ai tellement lu de livres d’auteurs étrangers, maintenant place à ceux d’ici. J’ai d’ailleurs commencé une collection de livres autographiés. Hihi

Auriez-vous envie de nous décrire votre première rencontre avec votre premier éditeur?
Il m’avait envoyé le contrat par internet que j’ai fait vérifier par un avocat, juste pour être certaine… Nous avons révisé le tout ensemble, parlé de la couverture, ce qui était très important pour moi, pour ensuite le signer. Une chance que mon copain était avec moi. J’étais tellement nerveuse que l’entretien s’est passé comme dans un rêve où lorsqu’on se réveille, tout est un peu flou. Il faut dire que j’étais certaine que c’était une erreur et, même après avoir signé le contrat, je n’y croyais toujours pas. Je prenais peut-être ça un peu trop à cœur, mais, pour moi, j’ai mis tant de temps et d’efforts sur mon livre, que c’est comme mon bébé.

Quels sont vos rituels d’écriture?
Lorsque je m’installe devant mon ordinateur, j’ai besoin d’un grand verre d’eau que je remplirai à maintes reprises et d’une paille en plastique à mâchouiller pour les moments où je regarde nulle part en réfléchissant.

Qu’est-ce qui vous distrait le plus lorsque vous écrivez?
Quand je suis portée par l’inspiration, rien. Sinon, les tâches ménagères que je mets de côté afin d’écrire et que je vois dès que je me lève de ma chaise.

Avez-vous un projet de roman en cours?
En ce moment, j’écris le tome 6 de ma série.

Qui sont vos premiers lecteurs avant publication?
Ma mère, mon copain, mes amis Rosalie et Simon sont ceux avec qui je discute du déroulement de l’histoire. Mais j’ai plusieurs autres lecteurs, amis et collègues de travail, qui ont accès aux tomes 3-4 et 5 seulement parce qu’ils veulent connaître la suite.

Quel serait votre mot d’encouragement pour un nouvel auteur?
Persévérance!! Continuer à lire et continuer à écrire, peu importe les obstacles.

mardi 23 avril 2013

Alexandra Roy - Auteure

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Votre site web : www.lecrayonmagique.ca
Vos éditeurs : JCL
Compte facebook : https://www.facebook.com/pages/Le-Crayon-Magique/446548362056175?fref=ts
Twitter : aroy_auteure

Où vos romans sont-ils vendus?
Au Québec.

Qui êtes-vous, en quelques lignes ?
Je suis une journaliste et rédactrice passionnée par l'écriture, la littérature, les arts, le cinéma, les langues, la culture, les communications, l'aviation, la psychologie et les voyages. Au cours de ma carrière, j'ai travaillé pour divers médias écrits, notamment pour Quebecor et Transcontinental Média, de même que pour une maison d'édition de magazines à Québec. Maintenant, je travaille comme journaliste pigiste à mon compte.

D’où vous est venue l’envie d’écrire ?
Il y a longtemps que j'écris. Déjà, au secondaire, je me passionnais pour les compositions écrites et la langue française en général. À l'âge de 14 ans, j'ai écrit mon premier recueil de poésie. La poésie était ma façon de m'exprimer à l'époque. C'était un excellent exutoire pour exprimer mes joies, mes peines, mes inquiétudes, mes craintes et mes frustrations. J'écrivais de la poésie partout: dans mes agendas et sur les murs de ma chambre. J'y ai pris plaisir et je n'ai jamais cessé d'écrire. Pour moi, c'était donc tout naturel d'entrer à l'université en lettres.

Quel a été votre parcours ?
Après avoir complété un DEC en sciences humaines au Cegep, je me suis inscrite au BAC en littérature à l'université pour me rendre compte, après un an, que ce que je voulais faire, c'était écrire plus que lire et étudier. J'avais assez lu et j'étais prête à mettre la théorie en pratique. Je me suis donc inscrite au certificat en création littéraire de l'UQAM. Au cours de ce dernier, que j'ai beaucoup apprécié, j'ai eu des professeurs merveilleux et des cours qui m'ont encore plus donné envie d'écrire. Ça n'a pas été long avant que je réalise que c'était ce que je voulais faire pour le reste de ma vie. Par la suite, j'ai complété mon baccalauréat avec un certificat en communication, étant donné que j'aimais beaucoup le cinéma et les arts visuels et par la suite, avec un certificat en journalisme à l'Université de Montréal puisque je voulais m'ouvrir le plus de portes possible. Le journalisme est une excellente porte d'entrée dans le milieu littéraire.

Quels sont vos romans disponibles en librairies ?
Le Crayon magique est disponible dans certaines librairies et en ligne. On peut notamment se le procurer chez Archambault, sur le site web de Renaud-Bray ou encore sur le site web de mon éditeur http://www.jcl.qc.ca. Il est également disponible sur la plupart des plates-formes numériques telles que Kobo, Apple et Amazon.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Dans mon entourage, en regardant et en analysant les gens autour de moi. Par exemple, certaines personnes que je rencontre m'inspirent des personnages de romans. À partir de mes expériences de vie également. Il y a certaines choses que je vis que je verrais bien en roman. Du moins dont l'histoire est assez digne d'être racontée. Je prends ces moments forts en note dans mon calepin et je me promets de les intégrer à une histoire éventuellement. Dans le cas de Le Crayon magique, l'histoire m'a justement été inspirée par un petit garçon que j'ai connu au secondaire. Je me rappelle de lui, puisqu'il était victime d'intimidation à l'école et ne s'est jamais fait aucun ami. C'est donc à partir de son histoire que j'ai eu l'idée d'écrire Le Crayon magique. Je prends bien sûr bien soin de laisser aller mon imagination et de nuancer l'histoire que j'écris afin de la rendre plus croustillante. 



Décrivez-nous votre façon d’écrire, votre environnement de travail, votre horaire.
Je n'ai pas d'horaire précis pour écrire, je le fais quand ça me tente et quand j'en ai envie. Quand je travaillais à temps plein, j'écrivais chaque soir en rentrant chez moi. J'écrivais dans tous mes temps libres tout le temps. Maintenant que je travaille à mon compte, ça n'a pas beaucoup changé. Je passe mon temps à écrire. Je griffonne parfois quelques notes dans mon calepin quand je n'ai pas mon ordinateur avec moi, mais la plupart du temps, j'écris à partir de mon ordinateur portable que je traîne partout avec moi.

Quels auteurs vous ont le plus influencée ?
Au Québec, François Gravel pour son style littéraire unique. J'aime beaucoup cet auteur puisqu'il a une façon de prendre des situations ordinaires et d'en faire des histoires extraordinaires. Pour moi, c'est ça le réel talent d'écriture. Peu importe le sujet, il réussit à nous captiver et à faire en sorte que nous ayons envie de lire le livre jusqu'à la dernière lettre. J'aime aussi beaucoup Charlotte Gingras, et d'autres auteurs jeunesse tels que Dominique Demers et Anique Poitras. En France, l'auteur de romans feuilletons Eugène Sue. Je me sers beaucoup des techniques d'écriture feuilletonesque. J'ai découvert ce genre dans un de mes cours à l'université. C'est le genre littéraire qui m'accroche le plus, alors je m'en inspire pour écrire mes textes. C'est un genre très centré sur l'action, sur les contrastes, les stéréotypes, les sentiments forts tels que l'horreur et la surprise. Une écriture entraînante qui captive le lecteur et qui fait en sorte qu'il a toujours envie d'en lire plus. Enfin, du côté des États-Unis, j'apprécie les romans de Lauren Weisberger et Emily Giffin. Leurs histoires de filles me rejoignent beaucoup.

Quels livres vous ont le plus marquée?
Kate, quelque part de François Gravel, Les mystères de Paris d'Eugène Sue, Something Borrowed et Something Blue d'Emily Giffin, Confessions d'une accro du shopping de Sophie Kinsella. Je suis une véritable fan de chicklit. C'est un de mes genres littéraires préférés. J'ai aussi adoré La boîte à bonheur de Charlotte Gingras.

Avez-vous encore le temps de lire ?
Bien sûr, c'est une de mes passions. J'y consacre le plus de temps possible.

Quel est le livre que vous lisez en ce moment ? En ce moment, je suis au Mexique, alors je lis Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique, d'Amélie Dubois.

Selon vous, que signifie « écriture poétique » dans un roman ? Écriture éclatée, qui ne tient pas compte du sens. Une écriture forte, centrée sur les images et les émotions.

Auriez-vous envie de nous décrire votre première rencontre avec votre premier éditeur ?
Pour un premier roman, cela s'est très bien passé. Ce n'est pas tout le monde qui a la chance de publier son premier roman terminé. Ça a été mon cas. J'ai dû toutefois essuyé quelques refus avant d'être acceptée chez JCL, ce qui n'a pas été nécessairement facile à accepter, mais bon, ce qu'il faut comprendre, c'est que ce n'est pas parce qu'un roman est refusé qu'il est nécessairement mauvais. Parfois, le contenu du manuscrit soumis ne cadre tout simplement pas avec la ligne éditoriale de la maison d'édition. C'est pourquoi il faut bien prendre le temps de s'informer avant de soumettre son texte afin de choisir la bonne maison d'édition.

Pour le plaisir...

Quels sont vos rituels d'écriture ?
Je n'ai pas de rituels particuliers. J'aime bien par exemple écrire sur le bord de ma piscine l'été ou encore dans un coin tranquille tel que mon bureau le matin en me levant. Idéalement, l'endroit doit être bien isolé afin que je ne me fasse pas distraire par les bruits ambiants. Il n'y a rien de pire que d'écrire quand on est constamment dérangé par des bruits tels que des rénovations à l'extérieur ou des voisins qui nous tapent sur la tête!

Qu’est-ce qui vous distrait le plus lorsque vous écrivez ?
L'internet. Mon téléphone cellulaire. Les bruits ambiants. Les tâches quotidiennes telles qu'aller faire l'épicerie.

Avez-vous un projet de roman en cours ?
Oui, j'en ai même deux. Un pour adultes, l'autre pour adolescentes. Je travaille sur les deux en même temps jusqu'à ce que je décide sur lequel s'arrêtera mon choix final pour mon deuxième roman.

Qui sont vos premiers lecteurs avant publication ?
Ma soeur et mes amis.

Une citation qui vous a marquée ?
Une journée où on n'a pas ri est une journée perdue.

Avez-vous reçu des remarques surprenantes de la part de lecteurs ?
Oui. J'ai certains adolescents qui ont été victimes d'intimidation qui sont venus me voir dans les salons du livre et qui m'ont dit que le livre les avait beaucoup aidés, car ils ont pu constater qu'ils n'étaient pas seuls à vivre un tel phénomène et qu'il y avait moyen de s'en sortir. D'autres encore qui n'ont pas été intimidés à l'école, mais qui ont été captivés et touchés par l'histoire. Le plus beau compliment que j'ai reçu vient d'une lectrice nommée Vanessa. Après avoir acheté mon livre au Salon du livre de Montréal, elle m'a écrit pour me dire que c'était le meilleur livre qu'elle avait lu de sa vie. Je crois que rien ne peut battre ça.

Quel serait votre mot d’encouragement pour un nouvel auteur ?
Je crois que pour être édité, il faut être très persévérant et très patient. Je pense que cela prend tout d’abord une bonne histoire à raconter et un style littéraire qui se distingue des autres. Ensuite, il faut croire à son histoire et avoir le courage de persévérer malgré les refus.

mercredi 17 avril 2013

Chantale Côté - Auteure




Je n'ai pas de site web.
Mon éditeur est "Les éditions JCL" de Chicoutimi.
Je n'ai pas de compte facebook, mais j'ai l'intention d'en avoir un.
Je ne suis pas sur Twitter non plus.

Mes romans sont vendus au Québec et en France (France Loisirs).

Voici une brève biographie.  Je suis née en 1959 dans la municipalité d’Hébertville, au Lac-Saint-Jean, si vous savez compter, vous avez compris que j’ai 54 ans, mais je réside à Chicoutimi depuis plus de 30 ans.  Je suis l’avant-dernière d’une famille de neuf enfants.  Je suis à l’emploi à l’Université du Québec à Chicoutimi depuis 1976, où j’ai occupé divers postes de secrétariat, et depuis 10 ans, je suis agente de gestion des dossiers étudiants au module des Sciences de l’administration.  Ça fait 33 ans que je vis avec le même conjoint et nous avons deux filles de 24 et 26 ans.

L’écriture, c’était un rêve.  On rêve qu’on a des ailes pour pouvoir voler, on rêve qu’on fait le tour du monde, on rêve qu’on gagne à la loto, même si on n'achète pas de billet.  Un rêve, c’est irréel, c’est du fantastique, ça met de la couleur dans nos vies quand la grisaille du quotidien nous rattrape.  Rêver, c’est à la portée de tout le monde, ça ne coûte absolument rien.   Mais jamais, au grand jamais, j’ai pensé que ça pouvait être autre chose qu’un rêve pour moi.

À l’adolescence, j’écrivais des petits poèmes, des petites histoires.  La seule qui les lisait, c’était ma petite sœur Catherine, qui avait 5 ans de moins que moi.  D’ailleurs, quand j’ai su que mon premier roman serait publié et que je lui ai annoncé que je réalisais le rêve de ma vie, elle a tout de suite deviné de quoi il s’agissait.  Je lui ai demandé comment elle avait deviné et c’est elle qui m’a rappelé qu’elle était ma seule lectrice dans notre jeunesse.

Quand j’ai commencé à travailler à l’Université à 17 ans, j’ai un peu oublié ce rêve.  Je l’ai mis de côté, plutôt.  Un nouveau travail, une nouvelle ville, l’autonomie sous toutes ses formes, les responsabilités, il y avait beaucoup de choses à apprivoiser.  À 18 ans, j’ai connu l’homme de ma vie, à dix-neuf ans, nous nous installions ensemble, après il y a eu les enfants à 2 ans d’intervalle…  Le temps manquait.   Mon premier roman a été publié alors que j’avais 47 ans.  Il s’est donc écoulé encore plusieurs années avant que je sois prête à me lancer.  On peut donc dire que j’ai muri mon rêve pendant presque 40 ans.

C’est en 2004 que j’ai enfin osé.  J'ai donc soumis mon texte simultanément aux Éditions JCL et au Prix de la Plume saguenéenne, où j'ai décroché les honneurs pour l'an 2006. Quand le bonheur s'en mêle est paru en janvier 2007.


Ce roman-là, Quand le bonheur s’en mêle, c’est un conte de fées.  Mais c’est quoi un conte de fées si c’est pas un rêve réalisé?  C’est pas pour rien que ça a été le premier que j’ai écrit, c’est mon rêve de petite fille qui m’avait suivi depuis mon enfance.  Cette histoire de « Cendrillon » tourne entièrement autour des rêves :  ceux qu’on n’a pas eu, ceux qu’on a voulu, ceux qu’on a tué, ceux qui nous ont étouffé.  On peut le lire en ne voyant que le côté « féerique » de l’histoire avec ses invraisemblances et ses facilités, mais on peut aussi voir plus loin.  Myrianne a toujours cru que son malheur était dû à sa mutité, tandis que Don croyait trouver son bonheur dans la célébrité et la richesse, ce qui était faux dans les deux cas.  Mon but était d’amener les lecteurs à se pencher, ne serait-ce qu’un peu, sur les raisons de leur mal-être, de les amener à considérer plus qu’un aspect de leur mal de vivre, pour peut-être retrouver l’espoir.  Les peurs, les interrogations, les déchirements, les doutes, autant de Myrianne que de Don, je les ai vécus et je les ai vaincus aussi.  Le conte de fées de Myrianne a été de trouver son prince charmant, à l’instar de Cendrillon, mais aussi de découvrir en elle des forces insoupçonnées;  celui de Don a été de retrouver en lui la simplicité du bonheur et de l’amour partagé;  le mien a été de conserver ce que j’avais déjà et d’apprendre à en être heureuse.  Chaque personne peut avoir son propre conte de fées, j’en suis persuadée.

Mon deuxième roman, Doublement infidèle, a, quant à lui, été vendu à France Loisirs à près de 25,000 copies.   C’est un roman à trois voix :  Sandrine, Denis, Gabriel.  Sandrine est une jeune femme naïve, élevée dans un cocon familial sécurisant, qui n’a jamais été confrontée au mal.  Convaincue d’avoir trouvé l’homme de ses rêves, Denis, elle l’épouse rapidement, mais son bonheur est de courte durée.  Le cauchemar est d’autant plus terrible qu’elle doit, à la fois, faire face à la pire des infamies, et revoir ses propres valeurs d’honnêteté, de fidélité et de droiture.  Ce livre parle du bien et du mal.  Est-ce que le bien n’engendre que du bien?  Est-ce que le mal peut surgir n’importe où, dans n’importe quel contexte?  Est-ce que trop d’amour peut mener à la haine?  Je crois que beaucoup de gens peuvent trouver un écho dans l’histoire de Sandrine, qui ignorait le mal, de Denis, qui n’avait rien de bien, et de Gabriel, le père qui avait trop ou pas assez aimé.  Mon roman parle aussi des valeurs, de leur importance, de ce que l’on est prêt à sacrifier pour les garder, des doutes qu’elles peuvent parfois engendrer.  J’ai toujours eu la conviction que tout n’est pas blanc ou noir et que la distinction entre le bien et le mal n’est pas tranchée.  C’est ce que j’ai voulu mettre en lumière avec ce roman.

Mon troisième roman s’intitule Hier et aujourd’hui.  Depuis le 1er mars, il est également en vente chez France Loisirs avec "Quand le bonheur s’en mêle", dans un même volume.   Gilles et Laurianne vivent ensemble depuis trente ans et c’est la rupture.  Laurianne a cinquante ans, elle doit se refaire une nouvelle vie.  Ce n’est pas son choix, Gilles l’a laissée pour une autre femme.  Commence alors, pour Laurianne, une remise en question totale, pas seulement d’elle-même, en tant que femme, mère et épouse, mais de sa vie de couple toute entière.  Le sujet de ce roman n’est pas nouveau, mais si aujourd’hui, le divorce ou la séparation est répandu, c’est beaucoup moins fréquent pour les couples de trente ans et plus.  C’est pourquoi j’ai choisi ce créneau.  Une femme de cet âge, avec trente ans de mariage et l’éducation qu’elle a reçue, s’est souvent oubliée pour les siens et elle ne se connaît plus, elle ne sait plus se faire plaisir.  Je n’ai jamais vécu de séparation, mais j’ai l’âge de Laurianne, j’ai deux enfants adultes et mon couple dure depuis plus de trente ans, je pouvais donc sans difficulté imaginer ce que ce serait de me retrouver seule.  Cependant, après avoir terminé l’écriture de cette histoire, qui est avant tout celle de Laurianne, j’ai voulu ajouter la version de Gilles.  Après tout, dans n’importe quel différend, les torts se partagent et comme tout est une question de perception, il m’apparaissait essentiel d’apporter celle du mari.  Le but n’était pas de le rendre plus sympathique ou de l’excuser, mais tout simplement de lui donner le droit de s’exprimer.

 Mon quatrième roman paraîtra à la fin du mois d’avril et il s’intitulera Billie.  Billie est une femme très indépendante et anticonformiste, qui refuse d’être confinée à son seul rôle de femme.  Le mariage, les enfants, les horaires, les limites, très peu pour elle.  Elle veut vivre libre.  Mais Maud, une adolescente de douze ans, s’impose dans sa vie malgré elle.  Les deux sujets principaux de ce roman, à part l’amour, toujours l’amour, évidemment, sont l’intimidation et le deuil sous tous ses aspects.  Le besoin presque maladif de liberté de Billie découle de cet amour qu’elle se refusait de donner depuis le suicide de sa sœur Mérédith, qu’elle adorait.  Pour Maud, le départ de sa mère pour la France n’est que la suite logique du rejet qu’elle subit à l’école.  Lorsqu’elle fait la connaissance de Billie, elle s’accroche à elle désespérément, tellement elle a besoin d’un modèle pour lui redonner confiance en elle.  Sans le savoir, sans le vouloir, ces deux-là s’apporteront mutuellement la guérison de leurs blessures d’enfance.  Et, inévitablement, il y a Jérémy, le séduisant père de Maud…



Comme vous le constatez, ce sont tous des sujets différents, mais des sujets d’actualité.  Les rêves, réalisés ou non, font partie intégrante de nos vies;  à mon avis, ils sont essentiels à notre équilibre.  Le bien et le mal…  Est-ce qu’une bonne éducation est une garantie de bonheur?  Est-ce qu’une éducation déficiente mène toujours au malheur?  Même les psys n’ont pas de réponse tranchée à nous fournir.  La séparation, le divorce… Aujourd’hui, ce sont ceux qui durent qui sortent de la norme.  On annonce plus souvent de divorces que de mariages.  L’intimidation, on en parle beaucoup, mais on n’en parlera jamais assez.  Ma fille cadette a vécu beaucoup de rejet, je suis bien placée pour savoir que c’est un fléau.  Et que dire du deuil?  Qu’il est partout, qu’on ne peut pas y échapper, que c’est un passage obligé.  Finalement, qu’il faut le vivre pour être heureux.

Je n'ai pas d'horaire fixe pour écrire, étant donné que je travaille à temps complet.  Je prends ça comme ça vient.  J'ai un solarium chez moi et je m'installe souvent là pour écrire, mais je peux le faire ailleurs aussi, sans problème.  Je n'ai pas d'auteurs particuliers qui m'ont influencée, mais j'avoue avoir adoré lire Daniel Pennac dans la saga Malaussène.  Marie Laberge également est un de mes auteurs préférés.  Je lis encore beaucoup, même si j'écris.  C'est un besoin essentiel pour moi, autant que l'écriture.  Je viens de terminer la série "Cinquante nuances de Grey", comme tout le monde ces temps derniers.  C'est intéressant si on ne s'arrête pas seulement aux scènes sexuelles, qui sont tellement nombreuses qu'on s'en lasse un peu.


Je n'ai pas de conseil à donner aux futurs auteurs, sauf peut-être, de persévérer et d'y croire.  C'est ce que j'ai fait.


Chantale Côté







mardi 16 avril 2013

Agnes Ruiz - Auteur


Votre site web : Compte Facebook
Vos éditeurs : Le cherche-midi (France), Parfum d’encre (La courte-échelle Québec), éditions Andara (Québec), un autre en cours…
Compte Facebook : http://www.facebook.com/pages/Agn%C3%A8s-Ruiz-romanci%C3%A8re/294859467191856
Twitter :@AgnesRuizAuteur

Où vos romans sont-ils vendus :
Dans toutes les librairies que ce soit au Québec, en France ou ailleurs par le biais des librairies en ligne


Qui êtes-vous, en quelques lignes ?
Je suis une auteure franco-canadienne. J’ai habité 17 ans au Québec. C’est dans la belle province que mes trois enfants sont nés. Je suis de retour en France depuis 3 ans avec ma petite famille. Demain, nous verrons où nous serons…
J’aime la peinture à l’aquarelle et à l’huile, la lecture. Mais l’écriture a une place à part. Devenir auteur, c’est un rêve de jeunesse qui se réalise.

D’où vous est venue l’envie d’écrire ?
Depuis aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un livre en main. Je m’inventais des histoires en jouant avec mes Playmobils.

Quel a été votre parcours ?
J’ai complété un baccalauréat en secrétariat. J’ai fait un trimestre à  l’université en droit avant de travailler comme secrétaire. Après plusieurs années à ce poste en France, je me suis mariée puis mon mari et moi sommes partis vivre notre rêve : aller au Canada. J’ai travaillé alors comme représentante, puis secrétaire de nouveau et enfin éditorialiste avant de me consacrer à plein temps à l'écriture, pour mon plus grand bonheur.

Quels sont vos romans disponibles en librairies ?
Adultes
« Ma vie assassinée ed du Cherche-midi 2011», version ebook et format papier
« L’ombre d’une autre vie » (Première édition JCL 2002 livre épuisé),
« La main étrangère » (Première édition JCL 2003 livre épuisé ) Disponible en ebook ,
« Et si c’était ma vie ? (ancien titre : La rêve de Mady ») » (Première édition JCL 2003 livre épuisé ) Disponible en ebook
Pour la jeunesse :
ma série des Pom-pom Girls 4 titres actuellement disponibles en format papier et publié aux éditions Parfum d’encre (La courte-échelle Québec)
Tome 1 - Une équipe du tonnerre 2012
Tome 2 - Le secret de Brittany 2012
Tome 3 - Tous les coups sont permis 2013
Tome 4 - Coup dur 2013
Une histoire de Noel écrit conjointement avec mon mari, Alain Ruiz, dans « Mon livre de Noel » où on retrouve douze auteurs et illustrateurs québécois. Editions Andara
À côté de ça, il y a plusieurs nouvelles uniquement disponibles en version numérique dans les librairies virtuelles.
Collection "Metro Stories" - nouvelles
- Mélodie en mémoire - Première édition 2012 -
- Trois pâtisseries - Première édition 2012
- Assassinat d'un prêtre - Première édition 2012
- Les âmes vertueuses & De la brume dans le métro - Première édition 2012
- Mr le Président & Eugénie au pays des merveilles - Première édition 2012
- Jour de pluie, jour de rêverie & L'anniversaire de Guillermo - Première édition 2012
- Le conducteur poète et autres nouvelles - Première édition 2012

Collection "Coeur romance" - nouvelles
- La belle naufragée - Première édition 2012

Collection "Chroniques de Transylvanie" -  nouvelles
- Les jeunes mariés - Première édition 2013

Lesquels avez-vous préféré écrire et pourquoi ?
J’ai un petit faible pour « Ma vie assassinée » tout simplement parce que c’est mon premier écrit et celui qui m’a permis de vivre de ma plume.  D’un point de vue écriture, j’ai eu du plaisir dans chacun de mes titres, sinon, ça ne sert à rien de les écrire, ce sont des genres différents et j’aime explorer plusieurs univers.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Partout, dans chaque situation qu’une journée nous offre, dans une phrase prononcée, une image d’un livre, d’un magazine… De rêves qui me visitent et me murmurent des histoires…



Décrivez-nous votre façon d’écrire, votre environnement de travail, votre horaire.
Rien de bien strict. Je travaille du salon, face à la fenêtre où la vie circule. Mon mari travaille à mes côtés pour ses propres histoires. J’aime écouter de la musique classique. J’essaie de travailler l’après-midi. Le soir est un moment intéressant et silencieux. Les enfants sont couchés et les heures filent vite tandis que mes doigts courent sur le clavier. L’été, c’est un peu différent et je privilégie le soleil et le partage avec les enfants, ils grandissent vite.

Quels auteurs vous ont le plus influencé ?
Enyd Blyton (le clan des sept), Paul-Jacques Bonzon (Les six compagnons), Bernard Clavel, Claude Michelet, Edgar Allan Poe, Agatha Christie, Jaén Auel, Stephen King, Zola et j’en oublie forcément…

Quels livres vous ont le plus marqué ?
« Mon bel oranger », de José Mauro de Vasconcelos est le seul roman qui m’a fait pleurer dans ma jeunesse. Il y a aussi le fabuleux Jane Eyre de Charlotte Bronté, L’histoire d’Helen Keller, La série de Jean Auel « Les enfants de la terre »,

Avez-vous encore le temps de lire ?
Bien sûr ! et heureusement sinon, je serais triste. La lecture est un excellent ami.

Quel est le livre que vous lisez en ce moment ? « Le jeu de l’ange » de Carlos zafon Ruiz (qui n’est pas de ma famille)

Selon vous, que signifie « écriture poétique » dans un roman ?
Il s’agit de phrases qui chantent à l’oreille, qui sont mélodieuses.

Auriez-vous envie de nous décrire votre première rencontre avec votre premier éditeur ?
Nous nous étions donnés rendez-vous à l’aéroport de Montréal. Il était en escale et moi je venais de quitter le travail et j’arrivais en autobus.  On a pris un café, et on a discuté brièvement avant que son avion reparte et que je m’en retourne en autobus chez moi. Un premier contact intéressant, très informel.


Pour le plaisir...

Quels sont vos rituels d'écriture ?
Je n’ai pas de rituel si ce n’est que j’aime parfois me prendre un café, mais pas systématiquement. J’aime aussi parfois mettre de la musique classique. Rien de coulé dans le béton.

Avez-vous un projet de roman en cours ?
Oui, plusieurs !!! Ce n’est pas toujours facile de choisir lequel mettre en priorité…

Qui sont vos premiers lecteurs avant publication ?
Mon mari et mes enfants.

Quel serait votre mot d’encouragement pour un nouvel auteur ? La persévérance, la persévérance, la persévérance ! Et il faut toujours croire en ses rêves !

Emmanuel Leroy


Mon éditeur est J.C.L.

J'ai écrit deux romans publiés dont 'IL ne pleut jamais à Lima' et 'Le fils du Vent', une 'trilogie' en deux volumes, le premier des deux romans étant en deux parties.

Je travaille actuellement sur un roman qui prend place sur le chemin de Compostelle, en Espagne.

Je n'ai pas de site Web et ne suis ni sur facebook ni sur Twitter. (la vieille école)

Mes romans ont été distribués partout au Québec ainsi qu'à Vancouver et sont actuellement en bibliothèque à travers le Québec.

François Guérin - Auteur


http://www.jcl.qc.ca/detail_auteur/103/

Pour l’adresse Facebook : https://www.facebook.com/francois.guerin.7?ref=tn_tnmn

Mon premier roman a été publié en 1998. J’ai pu bénéficier d’un contexte où l’édition était davantage subventionnée qu’aujourd'hui et où le bassin de lecteurs était plus vaste. J’ai donc pu me consacrer à ma passion d’écrire, encouragé par la réception de mes manuscrits de la part de l’éditeur.

Le point de départ de mes livres est toujours différent. J’aime suivre une intuition à propos d’un sujet que j’ai envie d’approfondir. Selon le sujet, les recherches vont suivre et peuvent prendre plusieurs mois. Lorsque j’estime posséder environ la moitié de mon histoire en tête, je démarre l’écriture. Le reste fait partie du plaisir d’écrire où j’aime donner corps à mes personnages et les suivre au fur et à mesure qu’ils se définissent. Quelquefois, je ne sais pas comment le roman va s’achever; d’autres fois, je sais comment il se termine mais pas comment il commence! Et enfin d’autres fois, je suis à la lettre un plan bien ordonné du début à la fin. Cette variété d’approche est dictée par les sujets que je traite. Jusqu’à présent, elle n’a jamais été deux fois la même. D’une approche rigoureuse, imposée par la vérité historique, comme dans Messire Benvenuto à une approche plus libre comme dans La Peur du pire, le style et la démarche varient chaque fois.

Écrire un nouveau roman est également un défi d’écriture au sens où je cherche à ne jamais user des mêmes formules. La plupart du temps, j’utilise une narration à la première personne, parce que j’y suis plus à l’aise, mais à quelques reprises, je me suis essayé à la 3e forme, toujours conformément au souhait de mieux servir le récit. Le style également varie, toujours en fonction des personnages que je raconte. Les personnages et l’histoire sont les principaux moteurs de mes romans. Ce que je préfère le plus, c’est de me transposer dans la peau de personnages pour mieux comprendre ce qu’ils sont et essayer de deviner leurs pensées et leurs gestes dans telle ou telle situation. De ce fait, il n’y a rien d’autobiographique dans mes récits.



Je n’ai non plus aucun rituel ou habitude. En revanche, la rédaction d’un roman se prépare chaque jour dans ma tête. Lorsque j’ai un moment de libre, j’enchaîne ce que j’ai imaginé avec ce que j’ai déjà écrit. J’utilise un ordinateur et ses outils linguistiques pour toute la commodité que cela procure, mais également parce que la vitesse de rédaction à l’ordinateur correspond à mon rythme d’écriture. Écrire à la main est trop lent et me fait perdre le fil. Pour respecter mon rythme, je travaille par jets successifs. Le véritable travail commence une fois le premier jet du roman terminé. J’adore ce travail de relecture et de peaufinage du texte, la fluidité des enchaînements, le maintien de l’intérêt, le choix du mot juste, la tournure de phrase au service de l’image. Contrairement à beaucoup d’auteurs qui détestent les corrections d’épreuves, j’y trouve un grand plaisir, d’autant qu’il permet de bénéficier d’un regard extérieur, le réviseur, et qu’il s’agit de la dernière chance de donner la touche finale au texte. Quand le roman est publié, il représente le maximum de ce que j’ai pu faire.

Raconter une histoire est-il encore pertinent de nos jours, où tout semble avoir été dit et où le lectorat est constamment partagé entre de plus en plus d’intérêts et de loisirs? J’aime croire que oui, car les histoires servent à refléter notre époque et peut-être à mieux la comprendre. En revanche, il faut reconnaître que la place de l’écrivain s’amenuise. Être édité apparaît toujours comme une sorte de miracle qui fait rêver, mais force est d’admettre que le statut de l’écrivain, encore méconnu, recule chaque jour un peu plus. Pour ma part, j’insiste sur le fait qu’écrire est avant tout un immense plaisir et que c’est uniquement ce qui doit d’abord motiver le temps et l’énergie qu’exigent la préparation et la réalisation d’un roman.

jeudi 11 avril 2013

Chantale Potvin - Auteure

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Votre site web : www.chantalepotvin.com
Vos éditeurs : Les éditions JCL pour Le Pensionnaire et Ta gueule, maman et moi-même pour Les coulisses de l'intimidation
Compte facebook : Oui, au nom de Chantale Potvin

Où vos romans sont-ils vendus : Mes romans se vendent BEAUCOUP dans ma ville natale, Roberval et dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. J'en vends aussi beaucoup à Québec et dans les communautés autochtones.

Qui êtes-vous, en quelques lignes ? Née en 1969 à Roberval, j'enseigne le français en 5e secondaire depuis 1993. Je suis aussi journaliste et mère de deux enfants nés au, une fille en 1990 et un garçon en 1992. Je serai mamie grâce à ma fille en septembre 2013!

D’où vous est venue l’envie d’écrire ? Un très vieux rêve que j'ai réalisé après avoir frôlé la mort en 2002.

Quel a été votre parcours ? Celui d'une femme qui a beaucoup souffert, mais qui a toujours combattu pour garder le sourire...

Quels sont vos romans disponibles en librairies ? Ta gueule, maman et Les coulisses de l'intimidation.

Lesquels avez-vous préféré écrire et pourquoi ? Le Pensionnaire, c'est un roman qui traite des pensionnats indiens... Avec les recherches et les entrevues réalisées pour ce livre, j'ai compris que le Canada gardait un vieux secret et comme mon roman est le premier au pays à parler de ce sujet, c'est mon préféré. Je suis fière d'avoir montré à mon peuple, les Blancs, tout ce qu'ils avaient fait subir aux Autochtones.

Où puisez-vous votre inspiration ? Dans mon coeur!



Décrivez-nous votre façon d’écrire, votre environnement de travail, votre horaire. Le soir et les fins de semaine, quand la vie me le permet.

Quels auteurs vous ont le plus influencée ? Amélie Nothomb, Victor Hugo et Paul Eluard 

Quels livres vous ont le plus marquée ? Dieu et nous seuls pouvons et Un loup est un loup de Michel Folco. J'ai aussi une tendresse particulière pour Survivre avec les loups de Misha Defonseca. (Et bien d'autres évidemment!) Avez-vous encore le temps de lire ? Oui. Y'a que la mort qui m'en empêchera.

Quel est le livre que vous lisez en ce moment ? Ces temps-ci, je lis la bible. Je me concentre sur certains extraits comme celui-ci: Il y a un temps pour tout et un moment pour toute chose sous le soleil. Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter, et un temps pour arracher le plant, un temps pour tuer et un temps pour soigner les blessures, un temps pour démolir et un temps pour construire. Il y a aussi un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser, un temps pour jeter des pierres et un temps pour en ramasser, un temps pour embrasser et un temps pour s'en abstenir. (...)

Selon vous, que signifie « écriture poétique » dans un roman ? C'est de parfaire un moment avec des mots... les plus magnifiques mots!

Auriez-vous envie de nous décrire votre première rencontre avec votre premier éditeur ? Ce fut par téléphone, mais je connaissais M. Larouche depuis de nombreuses années.

Pour le plaisir... Quels sont vos rituels d'écriture ?
Je dois être seule dans la maison, boire de l'eau et avoir une douce musique de fond ou une musique appropriée qui joue. Quand j'ai écrit Le Pensionnaire, j'ai dû écouter le Requiem de Mozart 50 fois!

Qu’est-ce qui vous distrait le plus lorsque vous écrivez ? Le téléphone

Avez-vous un projet de roman en cours ? Oui, sur la dépendance affective

Qui sont vos premiers lecteurs avant publication ? Ma soeur jumelle Nathalie, ma mère, des amis et plusieurs de mes élèves.

Une citation qui vous a marquée ? "Nous sommes riches aussi de nos misères" d'Antoine de Saint-Exupéry

Avez-vous reçu des remarques surprenantes de la part de lecteurs ? Oui, touchantes surtout! Je raconte celle où un Amérindien m'a suppliée de rencontrer Le Pensionnaire... Il voulait LE voir! J'avais créé ce personnage de toutes pièces. Après lui avoir expliqué que c'était fictif, tout en pleurant, il m'a regardé dans les yeux et m'a dit: "Si vous avez si bien compris ce que nous avons vécu dans les pensionnats, c'est que vous êtes un ange et on ne s'obstine pas avec les anges".

Quel serait votre mot d’encouragement pour un nouvel auteur ? Prenez votre plume, trempez-la dans l'encre de votre coeur, de vos connaissances et de vos souvenirs et foncez!